Putain ! 6 ans...

6 ans! Cela fait 6 ans que je n'ai pas remis les pieds à Pékin. Dans l'avion d'Air China en provenance de San Francisco, je tournais cette phrase en boucle. 6 ans. Putain 6 ans.

Evidemment depuis 2000, je suis resté en contact avec le monde Chinois. Quelques essais publiés ici, quelques interventions là. Bien sûr, rares sont les semaines où je n'ai pas téléphoné à Pékin. Mais quand même 6 ans sans Pékin, sans ma chère ville de Pékin.

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hum, hum, bon, ok, ok. Ma chère ville n'est plus ce qu'elle était. Oui, d'accord, je vous dis tout. L'arrivée est difficile. Après 15 jours de soleil californien, la météo Pékinoise de ce début de juillet ne ferait même pas rêver le breton qui sommeille en chacun. Ciel bas, très bas. Lourd, très lourd. Pluie d'orage dès la descente d'avion. 20 cm d'eau dans les rues. La ville est sale, la ville est grise, la ville est moche.

Et le pire est que je ne reconnais rien. C'est le règne de la bagnole. Les vélos ont disparu, les routes sont élargies. De la voiture bloquée dans des embouteillages monstres, je cherche un point de repère. Un toit, un hutong, un groupe de vieux. Rien. Rien. Rien. Sur la place Tian An Men, Mao est bien là, c'est toujours ça. Vite que j'arrive dans mon quartier. Mon quartier ? Ça ? Non ! Ce n'est pas possible. C'est clinquant. Moche clinquant, mais clinquant quand même. Et de la bagnole partout. Sans doute que la nostalgie a embelli mes souvenirs, mais où est passé le charme de ma ville ?